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Gisèle Ory on 6 Juin 2009 in
PS |
Commentaires fermés sur Réflexions à l’aube de la nouvelle législature
Analyse
Chers Camarades,
Nous allons vivre une situation particulièrement difficile ces prochains mois, ou peut-être même ces prochaines années. Et ceci pour plusieurs raisons. Je vais essayer d’en faire l’analyse rapide :
- Nous allons vivre une situation économique très pénible pour la population :
- un taux de chômage en augmentation constante et importante, il atteint déjà 7,7% à La Chaux-de-Fonds,
- une diminution du pouvoir d’achat, par la pression sur les salaires et le chômage partiel,
- un risque de découragement,
- un risque de basculement pour certains travailleurs âgés vers un chômage de longue durée sans perspective,
- un problème d’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi avec une augmentation sensible du chômage des jeunes dès la sortie des écoles à la fin juin et un risque de perte de savoir-faire et de motivation au travail pour ceux qui ne trouveront rien durant un temps plus ou moins long.
- Nous devons donc mettre en place des outils pour lutter contre ces différents problèmes :
a. Un soutien Un soutien à l’économie pour aller vers une reprise aussi rapide que possible et éviter autant que faire se peut les faillites évitables : mise à disposition des liquidités nécessaires de manière temporaire.
b. Un soutien important des assurances sociales, en particulier l’AC : maintenir les gens en emploi aussi longtemps que possible par des mesures de chômage partiel, prévoir des ateliers de réinsertion en suffisance, malgré les tentatives fédérales de diminuer le soutien aux ateliers.
c. Une aide au replacement et la mise en place du projet de case management interinstitutionnel, je pense en particulier au projet MAMAC, dès que possible du point de vue de la disponibilité des services de l’emploi, qui vont être rapidement surchargés.
d. Il faut s’attendre à une augmentation importante de l’action sociale dès la fin 2010 et donc prévoir cette augmentation au budget.
e. Il faut voir s’il serait opportun de proposer plus de places en entreprises sociales pour les chômeurs de longue durée âgés en particulier, il faut évaluer en particulier la relation coût – bénéfice
- Nous aurons pour la première fois dans l’histoire de notre petite République une situation très particulière : un Grand Conseil de gauche et un Conseil d’Etat de droite.
a. C’est une difficulté supplémentaire. Nous devrons expérimenter un mode de fonctionnement tout d’abord à l’intérieur du Conseil d’Etat, mais je pense que nos collègues PLR sont conscients qu’ils ne feront pas passer un projet au Grand Conseil s’ils ne respectent pas une certaine sensibilité de gauche. Il faudra établir une entente suffisante à l’intérieur du Conseil d’Etat pour que les propositions que nous ferons soient acceptées. A priori, je pense que c’est possible, mais ça ne le sera certainement pas dans tous les cas…
b. Il faudra mettre en place un mode de fonctionnement rapproché entre le Conseil d’Etat et le Grand Conseil : les membres de gauche du Conseil d’Etat auront besoin du Grand Conseil pour soutenir leurs projets et leur permettre de passer.
c. Il faudra que le Grand Conseil soit très proactif : le Conseil d’Etat ne proposera peut-être ou probablement pas un certain nombre de projets auxquels la gauche tient. Il faudra que le Grand Conseil travaille plus dans ces domaines en proposant des projets de lois qui pourront être traités par les commissions, ce qui nous permettra d’avancer quand même. Il faut donc que nos députés au Grand Conseil aient aussi un plan de législature, c’est-à-dire des intentions quant aux objectifs qu’il veulent atteindre durant la législature et qu’ils y travaillent dès le début.
d. Il faudra que les commissions travaillent aussi pour corriger des projets qui seraient problématiques de notre point de vue : le passage des projets en commission est une excellente chose, car c’est un bon endroit pour examiner les projets de manière approfondie et pour procéder aux modifications utiles et éviter ainsi que nous n’ayons de longues discussions fastidieuses en plenum. Mais il faudra évidemment que les députés travaillent beaucoup, qu’ils examinent les projets, qu’ils fassent des propositions, etc.
- Il faudra mettre en place un mode de fonctionnement avec notre gauche. Je ne veux pas être l’otage, ni du PLR, ni de POP-Vert-Sol. Nous avons l’avantage de nous trouver au centre de l’échiquier et de pouvoir choisir nos alliances à droite ou à gauche. Nous aurons besoin de notre gauche pour faire passer de vrais projets de gauche ambitieux, je pense en particulier au domaine des aides à la familles, des énergies renouvelables ou à une réforme des structures de l’Etat qui n’est pas toujours portée par la droite. Il faudra donc soigner nos relations avec la gauche.
- Il faudra trouver aussi un modus vivendi avec le PLR : nous aurons aussi besoin du PLR pour faire passer certains actes dans le domaine financier. Nous devrons nous entendre avec nos collègues du PLR pour présenter un budget par exemple. Il y aura donc lieu de temps en temps de faire des alliances au centre.
- Le budget en particulier, sera particulièrement difficile à ficeler. Devons-nous nous conformer aux freins aux dépenses, quant à prendre des mesures d’économie très impopulaires, ou devons-nous nous référer à une situation de crise particulière pour desserrer un peu les freins ? Nous avons fait l’expérience des mesures impopulaires en 2005 et je pense qu’elles ne sont pas étrangères au glissement du Grand Conseil vers la gauche. Cependant, dans un premier temps, j’aimerais que nous tentions de présenter un budget qui soit dans les limites des freins. Dans un deuxième temps, si cela paraît impossible, vu la diminution des revenus attendus des entreprises et l’augmentation des charges due au report de tâches fédérales sur les cantons ou à de nouvelles tâches qui nous sont imposées, je pense en particulier au financement des soins ou à Harmos, nous réfléchirons aux mesures à prendre. Je refuse quant à moi à prendre des mesures clairement antisociales dans un climat de crise et de souffrance, tel que nous le vivrons de plus en plus fortement au cours de l’année 2009.
- La question des investissements est particulièrement difficile à trancher, car nous pourrions dire que nous économisons en repoussant des chantiers prévus, mais nous aurions ainsi un effet procyclique dont les effets devraient être soigneusement pesés.
- Améliorer l’entente Haut-Bas, faire une réflexion sur les projets qui concernent le Haut et le Bas et tenter d’améliorer l’équité de l’action de l’Etat dans les diverses régions du canton. Mettre dans cette perspective les développements de la santé et des écoles, qui sont les deux grands domaines d’action de l’Etat, où l’Etat joue un rôle économique prépondérant. Mais d’autres éléments devraient aussi être examinés, je pense en particulier au tourisme.
- Trouver un mode de fonctionnement avec les villes : les villes sont à gauche et nous devrions pouvoir compter les uns sur les autres au sein de la gauche pour mettre en place une politique cohérente. Cela nécessite des lieux de rencontre régulier et une information, une consultation, voire une collaboration sur les dossiers qui concernent l’Etat et les villes.
Voilà quelques-uns des défis que nous devrons relever durant la prochaine législature… et je n’ai pas commencé à vous parler du programme de législature ou de mon département. Je voudrais juste dire à ce sujet et à ceux et celles qui regrettent que nous ayons perdu l’économie, que nous avons fait du bon travail à l’économie durant de nombreuses années, mais que nous avons aujourd’hui deux départements qui nous permettront aussi de faire une bonne politique. Nous pourrons montrer une certaine rigueur dans la gestion de l’Etat comme Jean l’a fait durant les 4 années passées et nous pourrons mettre en place un partenariat avec la population dans le domaine santé et social, deux points qui sont très chers à nos électeurs de gauche. Je veux penser que nous arriverons ensemble à relever ce défi et que nous serons en meilleure position à la fin de cette législature.